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Et merde !! On va parler politique… encore…

Ouais mais bon, cette fois c’est sérieux, on vote dans moins d’un an, c’est la crise tout ça et en plus, on peut plus voir Sarko tellement qu’on l’a vu, même ceux qui ont voté pour lui il y a 29 ans n’en peuvent plus. Hein ? Ça fait pas 29 ans qu’il est président ? Ha ben, ça me semble tellement long. Ça veut dire que Chirac aurait perdu la mémoire en moins de cinq ans ? Voilà la preuve que Sarko est un vortex temporel. Même moi j’ai l’impression d’avoir salement vieilli depuis 2007. On nous a volé des années, c’est sûr !!

Bon où en étais-je ? Ha oui, politique, élections, crise, on en a marre. Et quand y’en a marre, on pourrait penser que des malabars avec le crane rasé pourrait trouver des solutions que tous les esprits brillants n’ont pas trouvé. Ces messieurs propres légitimés par la présence d’une femme à leur tête trouvent une crédibilité emmitouflée ayant un aspect que Freud et sa troupe pourraient nous expliquer. En gros, les femmes sont douces, ce sont nos mères, si les femmes gouvernaient ce serait le pied, on s’embrasserait tous sur la bouche et on vivrait dans la paix et la tolérance.

Alors voilà, nous en sommes au point où c’est tout sauf Sarko, même si on considère qu’il a fait des trucs bien, on ne peut juste plus ni le voir ni l’entendre. Du coup, comme c’est calme et que personne ne s’est encore présenté, Bayrou fait sa sieste, le PC a donné les clés à un mec qui passait par là, le PS va annoncer des primaires (oui, je remonte dans le temps, faut vous y faire, je bouge dans le temps, c’est comme ça). Dans ce contexte, Marine Le Pen s’envole dans les sondages, et peu de temps après, on est quasiment sûr que DSK va se présenter.

Tout devient alors très clair. Il y a Sarko, qui peut compter sur un noyau dur de 15%, Marine Le Pen, qui peut compter sur un noyau dur de 15% auxquels on peut ajouter des contestataires qui se rallieront sinon à ses idées au minimum à sa voix, sans pour autant être absous car l’Histoire nous montre que donner sa voix pour de mauvaises raisons à quelqu’un qui ne partagent pas nos idées peut entraîner une gueule de bois de plus de 50 ans, et de l’autre côté, il y a DSK. La voie est royale (non pas Ségogolène !). Il est calme, il a l’expérience qui correspond exactement à la crise que nous traversons, il a une aura internationale, est reconnu, a une stature plus que présidentielle dans la mesure où le Président de la République Française a moins de pouvoir sur le monde qu’un Directeur du FMI, et en plus, il est pas socialiste !

"Je ne suis pas socialiste" - "Rassurez-vous, ici ça n'existe même pas"

Du coup, c’est carton assuré, des primaires balayées, une campagne rouleau compresseur, un Sarko malmené, une Marine Le Pen cantonnée à son rôle. A ce moment, nous sommes tous socialistes. La France a trouvé son président qui ratisse bien plus à droite qu’il ne fait l’unanimité au centre et à gauche de la gauche, mais peu importe, ce sera celui-là.

La suite on la connait. La main dans le sac, le sac dans la main, dans la bouche, des traces sur une robe bleue, un saxophone… ha non, celui là c’est un américian (zut, les américains qui ont exhibé la grenouille perverse odieuse, le porc français, auraient aussi leurs travers sexuels ??). Bref, fini, prison, le kiki comme si l’eau était à 2°C pendant quelques mois et plus de président pour notre pauvre France libertine. C’est bien pour ça que la France s’est intéressée à cette affaire. La même affaire deux ans avant serait passée, sinon inaperçue, en tout cas largement en dessous du niveau sonore atteint cette année. Rien a foutre du scandale, on a mis le peu d’espoir  que nous avions (justifié ou pas, peu importe) en prison. Les américains, non contents de foutre la merde partout réussissaient à enfermer notre président. Car c’était bien comme cela qu’il était présenté les quinze jours précédent son arrestation.

"Vos paupières sont lourdes, vous croyez en moi !"

Perception de l'image de DSK avant - "Vos paupières sont lourdes, vous croyez en moi !"

Perception de l’image de DSK après – « Il faut effacer la dette de la Grèce, et la prochaine est pour moi les gars ! »

Suite à cela, encore choqués, il est arrivé quelque chose de fou. Une sensation bizarre. Dans ce flou, dans cette tourmente, nous avons cru que nous étions socialistes !!! Alors on a regardé ce que la primaire allait nous offrir, et nous avons regardé en masse le débat de jeudi dernier (record d’audience), guidés par ce vide, cette illusion.

Et là, ce fut le drame. On s’est souvenu de ce qu’était le PS. Une brochette de gens qui causent, sans chef, sans leader, sans charisme, sans âme. Aussi utile que des lunettes de soleil à un aveugle. Un Montebourgeois coincé du cul, aussi crédible en rebelle que De Villiers, un représentant de paille, un François Hollande grimaçant en prenant la pose devant les caméras, aussi naturel que la bouche de Karen Cheryl ou de Sheila, une Martine Aubry donnant le change, surement payée pour animer le débat qui fut plus un monologue a six voix qu’autre chose, une Ségolène Royale-ment énervante, dont chaque mot prononcé est une souffrance pour quiconque n’est plus en maternelle, et un Manuel Valls, seul crédible de la bande puisqu’au moins lucide mais que personne ne semble avoir vu puisqu’on annonce Hollande et Aubry comme « vainqueurs » de ces débats.

Et oui, nous ne sommes pas socialistes, pas plus que nous ne sommes de l’UMP et pas plus que nous n’appartenons réellement aux extrêmes. Nous ne sommes que des déçus qui avaient entrevus la possibilité d’avoir pour une fois quelqu’un de compétent. Car DSK n’était ni le meilleur, ni le moins énervant, ni le plus populaire, ni le plus proche des gens, non. DSK avait une compétence que nous n’avons connu à aucun chef d’Etat. Ce qui nous manque des anciens présidents n’est d’ailleurs pas leur compétence mais plutôt leur stature, leur capacité à ne pas tourner la France en ridicule à la moindre sortie (les derniers temps calmes de Sarko ne nous ferons jamais oublier sa tremblante constante et ses fautes politiques majeures, et parader en Lybie est un peu fort après avoir paradé en Europe au bras de son ami qu’il était si fier d’avoir introduit là où le doigt d’un dictateur n’a jamais mis les pieds). Et à cette stature mondiale qu’on ne peut pas lui nier, DSK ajoutait une compétence. C’était sûrement un trompe l’oeil, certainement même, mais les sondages ont bien montré que c’était ce qu’il nous manquait, que c’était ce dont nous avions envie d’avoir besoin.

Aujourd’hui, nous sommes orphelins et abandonnés aux anciens démons. Le Pen pour crier notre rage, Mélenchon pour crucifier les banques, le reste pour pleurer. Même les écolos se sont sabordés.

Alors nous voterons… ou pas. Le seul espoir lors du vote sera d’éviter celui de l’autre bulletin, comme d’habitude. Pas de rêve, pas d’anesthésie. DSK, c’était la certitude de pas grand chose de mieux, mais avec un peu d’espoir. On avait beau savoir que c’était vain, ça nous faisait du bien. Là, ce sera opération à sec, sans anesthésie. On est sûr à l’avance que l’on continuera à faire des petits choses à droite à gauche, sans rien changer finalement. Après tout, on peut quand même pas tout changer, si ?

Personne ne se souvient pourtant qu’en 2007, le seul a avoir parlé de la dette des Etats était François Bayrou. Tout le monde se moque du tout mou qui était pourtant le seul qui pouvait battre Sarko et qui est d’ailleurs passé tout près du second tour. Un centriste est vain car il ne peut gouverner qu’avec d’autres partis. Pourtant quelque part, nous sommes tous centristes, regardant les balles voler entre la droite et la gauche, tournant la tête en se demandant bien à quel moment on va s’occuper de nos problèmes, de nos enfants et de notre monde dans son ensemble. Quand retrouverons-nous des valeurs autres que financières et marchandes.

Finalement, nous le savons bien, la solution est à la fois entre nos mains et inaccessible. Il suffirait que nous changions pour que tout change. Ne faisons pas porter à la crise financière tous les torts. Nous sommes le symbole quotidien de ce gaspillage. Nous avons grandi dans le gaspillage. Nous avons organisé le gaspillage. Nous ne pouvons plus accuser nos parents et grands parents indéfiniment. Cette société de consommation est la notre. Cette consommation est la nôtre.

Nous en voulons toujours plus. Toujours plus vite. Les marchés ne veulent rien de plus.

Arrêtons de penser que la solution viendra de la politique. Arrêtons de penser que c’est à quelqu’un d’autre d’apporter la solution. La solution viendra des peuples.

Bon, ça fait un peu communiste comme fin dit comme ça – oui pour moi communiste est devenu un gros mot, de ceux dont la grosseur est directement proportionnelle aux nombres de morts qu’il a engendrés. Mais capitalisme est aussi un gros mot.

Aller, que cette page fasse gigoter un peu vos neurones et ce sera ma pierre à l’édifice, que vous soyez d’accord ou pas.

Et la prochaine fois, je vous parlerai de bourse, mais plus de celles de DSK, promis.

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