Voici la deuxième participation de ma troisième participation au blog à 1.000 m1. Comment ça c’est pas clair ? C’est mon deuxième texte sur la photo précédente (la fille – ou le travelo – de dos dans la rue avec sa valise à roulette), c’est pourtant pas compliqué, si ?

Les petits fils de pute !

Et voilà ! Des années passées à faire tourner la boutique, à sacrifier ma jeunesse, mes potentiels enfants, ma potentielle vie de couple, mon potentiel mari et voilà !

Virée ! Comme une merde, en trois minutes.

« Tu comprends… Bon mais on te file une prime sympa qui te permet de te retourner… »

Me retourner, y’a que ça que vous saviez faire de toute façons. Je bossais 17 heures par jour et vous étiez les seuls que j’avais sous la main pour partager un peu de chaleur animale, par facilité.

« La boite te doit beaucoup, on ne pourra jamais oublier que si on en est là, c’est grâce à toi… »

Et là, au milieu des couloirs, mon carton dans les bras, je me rends compte que je suis déjà étrangère à ces lieux, comme si les 16 années passées ici n’avaient été qu’un stage de 3 mois.

Comment peut-on se fourvoyer ainsi et croire que bosser quelque part peut être une fin en soi ?

Comment prendre son pied en pensant être indispensable alors que l’on est qu’un élément qui tourne, comme la femme de ménage où le technicien de service ?

Comment peut-on échanger sa vie contre ce mirage ?

Les réponses me claquent dans la gueule comme si les années de refoulement leur donnait une inertie gigantesque.

Parce que je n’ai jamais eu de vie… je me prenais pour une autre, toisant le peuple qui reste aujourd’hui imperméable à ma détresse. Parce que je ne suis qu’une pétasse sans passion, parce que ma vie est un échec, parce que je ne ressens rien, parce que cette fuite en avant fut le seul moyen d’oublier que j’existe.

Parce que je suis vide…

Le peu d’affaires que j’ai tient largement dans la valise que je tenais toujours prête pour partir au bout du monde pour négocier un contrat. Je pars calmement, puis je marche une dernière fois dans ces rues qui ne furent que le décor de cette pathétique mise en scène.

Je marche vers la gare où je prendrai une dernière fois le train.

Désolée pour les retards chers voyageurs et rendez-vous dans une autre vie puisque celle-ci ne mène nulle part.

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