Voici ma participation à la deuxième photo du blog à 1.000 mains

Pour ceux qui ne se souviendraient plus depuis hier, il s’agit de faire un texte sur une photo imposée. Allez-y c’est sympa, on peut écrire tout et n’importe quoi… la preuve !

C’est aujourd’hui que j’ai décidé de leur annoncer.

Je ne sais toujours pas si je dois leur annoncer. Mais maintenant il est trop tard, elles doivent me rejoindre et se doutent bien que quelque chose cloche à présent. Elles n’ont pas pu mettre d’éléments concrets sur cette crainte brumeuse qui les entoure progressivement.

J’ai longuement réfléchi. Des heures de tortures en essayant de me mettre à leur place.

Est-ce que j’aimerais savoir moi ?

Bien sûr que oui !!

Ne pas leur planter ce poignard dans le cœur serait un acte de haute trahison, en plus d’être lâche. Pourtant, ne passe-t-on pas notre vie à tromper ceux qu’on aime de peur de leur faire du mal ? Pour un rien ou pour quelque chose de plus grave, nous dépensons une énergie colossale à faire qu’ils ne s’inquiètent pas et parfois au mépris du plus élémentaire des respects qu’on leur doit.

Une omission, un mensonge, une légère altération de la vérité au départ. Et puis le piège se referme. Nous sommes alors prisonniers de cette petite déviation de rien du tout. Et comme deux droites s’éloignent du point où elles se sont croisées, la vérité s’éloigne à tout jamais du mensonge. Tout n’est alors plus que regret et toute vérité devient impossible à dévoiler sans briser quelque chose… Viscéralement, douloureusement, irrémédiablement… Au nom de quelque chose que nous pensions bon au départ.

J’ai trop souffert du mensonge et du silence pour ne pas leur infliger cela.

Je regarde les deux chaises vides en face de moi. Bientôt elles seront là et je devrais leur dire. Elles se rappelleront alors que les belles feuilles rouges de l’automne ne sont pas les seules à tomber. Parfois des feuilles encore vertes sont arrachées aux arbres sans aucune raison. Elles virevoltent désespérément une dernière fois avant de finir leur course sous les pieds des passants trop pressés pour se soucier du temps qui passe.

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