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Quoiqu’il arrive le 4 Novembre, rien ne sera plus comme avant aux Etats-Unis.

 

Soit McCain est élu. Sans aller plus loin je vous laisse imaginer les procédures de recomptage de voix dans un premier temps, puis le chaos si le nouveau président venait à décéder et que sa dinde prenait les rennes pour Noël (heu les rênes pardon !).

Bref, l’image déjà désastreuse de l’Amérique, à qui il faudra déjà de nombreuses années pour être, sinon redorée, à minima neutre, ne s’en remettrait pas. Les lobbys religieux seraient heureux, on pourrait continuer de mentir sur les raisons d’une guerre, mais pas sur ses relations extra conjugales. Bref, c’en serait fini de l’Amérique car elle ne pourrait négocier le virage déjà difficile qu’elle vient d’aborder, aussi bien sur le plan intérieur que sur le plan international.

Car pour être clair, nous assistons à la fin du monde occidental tel que nous le connaissons. Le seul enjeu véritable est de savoir quelle place nous occuperons dans le nouvel équilibre qui se met en place. Mais tant que ses habitants continueront d’ignorer ce qui se passe autour d’eux, et donc sans aucune stratégie diplomatique viable, leur place serait celle déterminée par leurs seules forces économique ou militaire, condamnées d’avance comme le furent celles de l’Union Soviétique.

 

Si Obama est élu, ce virage n’est pas plus assuré, loin s’en faut. Pour autant, ce peuple immigré par essence marquera peut être le début de sa réconciliation avec sa pluralité. Celui devant chez qui on brulait des croix il y a encore très très peu de temps, deviendrait président d’Etats trop longtemps Unis contre ses ancêtres. Une révolution discrète qui bâillonnerait les racistes consanguins et les affaiblirait à l’avenir. Et puis son programme très axé sur le social permettrait d’alimenter les espoirs les plus fous. Sa vision internationale et son image à travers le monde redonneraient à coup sûr un nouveau départ après huit années de destruction massive.

Ce serait donc une nouvelle Amérique. En théorie et en théorie seulement pour l’instant. Car celle-ci reste divisée viscéralement non plus entre les blancs et les noirs ou entre les hispaniques et les noirs (même si le sujet ne doit pas être écarté aussi vite), mais entre ceux qui mangent à leur faim et les autres. Les Etats-Unis sont pauvres socialement, beaucoup plus que n’importe quel pays civilisé. Le bien-être de ses habitants est inversement proportionnel à la richesse et à la puissance du pays. Et encore s’agit-il là d’une constatation après une époque flamboyante où l’argent coulait à flot. Qu’en serait-il si le pays était affaibli ?

Or Obama va hériter d’une situation catastrophique avec un endettement énorme, une crise économico-financière qui ne fait qu’exploser et dont on est loin de mesurer toutes les conséquences aujourd’hui et des conflits à travers le monde dont la légitimité est pour le moins discutable.

Pour autant, sa victoire serait d’autant plus large que les attentes des américains sont fortes. Ceux-ci commencent à regarder par la fenêtre du monde et s’aperçoivent qu’ils sont bons derniers dans tous les domaines sociaux. Bien sûr ils font les fiers en se réfugiant derrière leurs exceptionnelles qualités de travail, d’adaptation, de courage, de flexibilité, leur incapacité à rester inactif au moment de la retraite et autres balivernes qui seraient déjà balayées depuis longtemps s’ils avaient eu accès ne serait-ce qu’à la moitié des avantages dont nous disposons en France.

 

Alors la terre n’a pas fini de trembler aux USA. Mais pas de « duck and cover » cette fois-ci, car on ne peut pas se cacher sous les meubles du protectionnisme et de l’intégrisme catho pendant que se met en place une nouvelle ère mondiale.

 

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