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Tous les jours les chaînes mesurent leur performance de la veille.

Tous les jours, elles mesurent leur capacité à vendre leur espace publicité à nos cerveaux réceptifs.

Condamnons-nous ceci ?

… oui bien sûr !

On le condamne tellement qu’on se raconte tous les jours ce qu’on a regardé la veille. D’aussi loin que je me souvienne et jusque dans les cours de récré, on se raconte les programmes vus la veille.

Mais attention, on n’échange pas ce qu’on aurait pu voir de différent la veille, réunissant ainsi des informations nouvelles et enrichissantes. Non ! On se raconte l’emission qu’on a tous regardé… la même. Et gare à celui qui n’a pas regardé ou regardé quelque chose d’autre !

La télévision socialisante, intégrante… uniformisante.

Or nous sommes tous différents. L’idéal serait d’avoir une chaîne par personne, chacun ayant ses propres programmes qui lui conviendraient le mieux. Sans pousser aussi loin, on pourrait imaginer nous segmenter en différents compartiments et créer autant de chaînes. De l’exterieur, l’accroissement du nombre de chaînes que nous avons connu depuis près de 20 ans pourrait faire penser à un progrès.

Mais plus nous avons de chaînes, plus les records des chaînes principales deviennent écrasants. J’avais fait référence dans un de mes premiers posts au record de 100% sur les 100 meilleures audiences sur 2007 obtenues par la seule chaîne TF1. Nous avons donc passé nos matinées de 2007 à nous raconter les emissions de TF1 que nous avions tous deja vu.

Et c’est là que nos différences resurgissent. Nous ne sommes pas d’accord sur ce que nous avons vu ou du moins en donnons nous un avis différent. Quel intérêt puisque la plupart d’entre nous ne sommes pas passionnés par ce que nous regardons (comment autant de personnes pourraient être passionnées par la même chose). Les chaînes nous manipulent jusqu’à nous pousser à ressentir une exclusion si nous ne rentrons pas dans le moule. Tout juste nous reste-t-il la liberté d’en débattre et de se défendre d’avoir regardé en entier, honteux de n’avoir pas pu encore décrocher de cette came malfaisante.

Alors l’audimat idéal serait que chaque chaîne créée pour chaque catégorie de population ait le même nombre de spectateurs et que le lendemain, chacun puisse tenter de passionner son voisin sur un sujet qu’il ignore pour se laisser séduire à son tour par un sujet nouveau pour lui.

Mais nos yeux ne sont que des grains vides comptés tous les soirs pour pouvoir calculer à combien se vendront les prochaines pubs.

J’ai arrêté de regarder la télé de cette manière depuis 2001. Comme un fumeur décide un jour d’écraser sa dernière cigarette… Il y’a donc un espoir pour tous.

Pourquoi ne pas commencer ce soir ?

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